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Appel à Textes

Numéro spécial, Printemps 2022

Sous la direction de Dr. Magali Compan (William & Mary)

Appel à contributions/articles :

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Convergences océanes : Ces océans qui nous habitent

Longtemps conçus à travers les épistémologies occidentales, mais également délaissés dans le domaine des études postcoloniales, l’océan Indien et l’Océanie émergent cependant tels de nouveaux modèles d’un paysage culturel fondamentalement complexe dont l’analyse révèle des centres alternatifs d’énonciation et de conception du monde. Cette gnose de la marge (Walter Mignolo), en tant que connaissance subalterne conçue à partir des frontières extérieures du système moderne/colonial, a le potentiel épistémique de décoloniser les discours hégémoniques et la connaissance euro-centrique.

Focalisé sur les espaces francophones de l’océan Indien et de l’Océanie, le but de ce numéro spécial d’Etudes Francophones est de donner à penser des espaces alternatifs, qui ne se conçoivent plus à travers les épistémologies exclusives et extranéisantes européennes, mais à travers de nouvelles généalogies et cosmogonies. L’océan Indien et l’Océanie, lieux qui se conceptualisent dans leur rapport fondamental à l’océan, partagent tous deux cet ancrage et fluidité océaniques. Quelles sont alors les représentations sociales du monde et/ou des lieux que l’étude des productions culturelles locales révèle ? Quel est l’impact de cet imaginaire océanique ? Reconnaître la fluidité de pratiques littéraires spécifiques à ces espaces, peut-elle dessiner une cartographie dissidente, non plus continentale mais océanique, laissant naitre un « minor transnationalism » (Lionnet et Shih) et de nouveaux centres de discussion qui témoignent de leur rapport imaginaire au reste du monde ? Existe-t-il des spécificités géographiques et culturelles uniques qui créent   «les conditions théoriques d’un renouvellement du regard et dans certains cas d’une permutation de son sens” (Jean-Michel Racault)?
De plus, fortement marqués par le joug de la colonisation française, l’Imaginaire s’affirme souvent dans une rupture reliée au Symbolique, à savoir la Révolte contre le Père, et le pouvoir en place : Patriarcat, colonialisme, homogénéisation, globalisation, exotisme, Altérité. Dans ces réappropriations du lieu, quelles sont alors les réalités sociales explorées et les visions contestataires et alternatives du monde?

Voici quelques axes potentiels d’études

  • imaginaire océanique
  • identité archipélique
  • iléité
  • nouvelle thalassologie
  • transversalités mineures
  • cultures océanes
  • nouvelles cosmogonies et nouveaux centres d’énonciation
  • archives postcoloniales
  • épistémologies alternatives
  • état nation et fluidité des frontières
  • diaspora et exil
  • globalisation, néoliberalisme, et altermondialisme
  • espace local et espace global
  • déconstruction de logiques dialectiques

Les articles de 6000 à 8000 mots, en français ou en anglais, sont à soumettre à Dr. Magali Compan, mxcomp@wm.edu, ainsi qu’à Dr. Loic Bourdeau (rédacteur adjoint), loic.bourdeau@louisiana.edu au plus tard le 31 août 2021.
Chaque contribution devra suivre le protocole de rédaction de la revue et sera évaluée en double aveugle par les pairs.

Nous vous invitons à contacter Dr. Compan pour partager votre projet d’article ou pour plus de renseignements.

Numéro spécial, Fall 2022

Sous la direction de Dr. Sara Le Menestrel (Ecole des hautes études en sciences sociales/CNRS) et Dr. Nathan Rabalais (Université de Louisiane à Lafayette)

Appel à contributions/articles :
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Franco-louisianais ? Identifications plurielles et déclinaisons contemporaines

Bien que la francophonie louisianaise souffre d’une image moribonde depuis la fin du 19e siècle, on constate ces dernières années un certain dynamisme de la production culturelle dans le domaine littéraire, éducatif et médiatique ainsi qu’une ouverture vers la Francophonie internationale.

Si les écrits des années 1980 et 90 ont mis l’accent sur la composante acadienne de cette région francophone, depuis les années 2000, des travaux ont remis en question cette focalisation sur une identification ethnique au détriment de la multiplicité des origines de l’héritage franco-louisianais (David 2005 ; Klingler 2009 ; Sexton, 1999, 2000 ; Mattern 2006). La désignation « Louisiane française » ne se restreint pas à l’héritage colonial français, mais englobe différentes vagues d’immigrés francophones qui se sont établis dans la région. Adopté au tournant du 20ème siècle, l’ethnonyme « Cajun » s’est appliqué à plusieurs populations francophones de diverses origines (Acadiens pauvres, Créoles blancs descendants de colons, Foreign French, immigrés allemands, irlandais, écossais), partageant un statut social inférieur et une stigmatisation en tant que white trash (Brasseaux 1992 ; Bernard 2003 ; Henry et Bankston 2002). A cette légende noire a succédé dans les années 1970 une renaissance francophone dont le CODOFIL a été emblématique, générant un nouvel élan culturel musical, littéraire et culinaire. Dans les années 1980, cette renaissance devient l’objet d’une promotion touristique qui alimente une image monolithique de la culture franco-louisianaise (Giancarlo 2019; David 2010 ; Le Menestrel 1999). La mise en place progressive d’une politique de reconnaissance des Créoles noirs par les pouvoirs locaux amène à la publication de guides touristiques spécifiquement africains-américains et à la création de musées qui mettent à l’honneur le patrimoine créole (Seck 2014).

Dans le Sud-Ouest louisianais, la distinction des héritages cadiens et créoles et le recours aux ascendances acadiennes et africaines témoignent d’un souci persistant de respecter et célébrer la diversité culturelle. Les logiques de différentiation, les enjeux de domination et les inégalités sociales sous-jacentes à ces catégories d’identification demeurent par contraste peu explorées, entre Cadiens et Créoles mais également au sein de chaque groupe. La dimension diasporique tend aussi à passer sous silence la diversité des identifications franco-louisianaises, la multiplicité des critères d’appartenance et leur dimension conflictuelle, contradictoire et concurrentielle (Le Menestrel 2015; Parham 2017). La valorisation de la notion de diaspora acadienne dans l’héritage culturel franco-louisianais (musées, monuments, expositions, scène musicale) tend à laisser dans l’ombre ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette identité diasporique, voire à disqualifier des appellations qui peuvent se conjuguer à l’identité cadienne (comme le terme « coonass »), même si elles sont décriées dans l’espace public (Walton 2003).  Parallèlement, se revendiquer comme Créole noir n’implique pas nécessairement la reconnaissance d’une ascendance servile, comme c’est le cas dans certaines enclaves rurales du Sud-Ouest. Dans la région de Cane River, le sentiment d’appartenir à une culture spécifique, issue d’un mélange unique entre Européens, Africains et Amérindiens, s’inscrit dans un refus de s’identifier comme noir ou blanc (Jolivette 2007 ; Kein 2000).

De son côté, le Sud-Est a reçu peu d’attention jusqu’à présent dans le domaine des études franco-louisianaises. Outre son héritage acadien, cette région est dotée d’un héritage amérindien et francophone au travers de la Nation Houma. Depuis longtemps fragilisées au plan économique et géographique, beaucoup de communautés voient leur existence menacée par l’érosion côtière et le changement climatique (Dajko 2020 ; Dardar 2014). Un ensemble de langues, de pratiques culturelles et d’activités régionales comme la pêche, se trouvent ainsi déplacées vers le Nord.

Cette multiplicité d’identifications et la façon dont elles s’emboîtent, se conjuguent et se distinguent fait partie intégrante du paysage franco-louisianais contemporain, de sa richesse et de sa complexité. Plus largement, on s’interrogera sur la façon dont la singularité franco-louisianaise et les revendications régionalistes s’inscrivent dans une quête de légitimité et de reconnaissance nationale et internationale, et sur les stratégies mises en œuvre pour se positionner comme acteurs dans une région cantonnée à la marge, comme les ouragans de 2005 l’ont tragiquement mis en relief.

Sur le plan littéraire, l’on remarque au cours des dernières années de nouveaux organes de presse (e.g. les Éditions Tintamarre, Feux follets) qui ont créé davantage d’autonomie pour les poètes francophones de la Louisiane au niveau de la distribution (Rabalais 2020). On constate également une plus grande diversité de voix poétiques et une remise en question du discours identitaire dans la poésie contemporaine (Michot 2019 ; Rabalais 2017).  En même temps, on constate un renouvellement d’intérêt pour la création médiatique en français véhiculée surtout par les réseaux sociaux, ce qui suggère de nouvelles façons de mettre en valeur le français louisianais à l’ère numérique (Télé-Louisiane, le Bourdon de la Louisiane).
Certes, plusieurs de ces développements émanent d’une nouvelle génération ayant participé aux programmes scolaires d’immersion instaurés depuis maintenant plusieurs décennies, mais les échanges internationaux ont également eu un impact significatif sur la Louisiane francophone. Des liens durables entre la Louisiane et des institutions telles que le Centre de la Francophonie des Amériques et l’Université Sainte-Anne ont contribué à modifier la perception du français chez les jeunes. Plutôt que d’être considérée uniquement comme une langue porteuse d’un héritage à préserver, la langue française est aujourd’hui également envisagée comme une langue internationale. Citons également, comme phénomène symptomatique de cet élargissement, la récente admission de la Louisiane en tant que membre observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en 2018. Cette ouverture vers l’international qui se manifeste chez les Franco-Louisianais semble à bien des égards être en décalage avec les politiques nationalistes et quasi-isolationnistes des États-Unis depuis 2017. 

Ce numéro a donc pour objectif de rassembler des articles qui visent à saisir la multiplicité des identifications franco-louisianaises et leurs reconfigurations contemporaines, ainsi que leur place aux États-Unis et dans le monde.

Nous recevrons avec plaisir des communications issues de domaines divers en sciences humaines et sociales, ainsi que celles privilégiant des approches interdisciplinaires.

Thématiques possibles :

  • La diversité des identifications ethniques et raciales franco-louisianaises
  • Les implications et échos du mouvement pour la justice raciale et sociale (débats autour des monuments confédérés, violence policière)
  • Les vulnérabilités économiques, sociales, politiques, environnementales ; les tensions entre régionalisme et identité nationale.
  • Le tourisme et l’économie culturelle ; le processus de patrimonialisation de l’héritage franco-louisianais (musées, festivals, monuments)
  • Le renouveau des musiques franco-louisianaises : influences actuelles, évolution de la scène musicale, logiques de marché, carrières, reconnaissance officielle dans les institutions artistiques nationales (NEA, Grammys, etc.)
  • L’impact de l’ère numérique ; les communautés et les médias sociaux
  • Les nouveaux médias francophones louisianais
  • Les enjeux sociolinguistiques
  • La littérature d’expression française et créole
  • L’internationalisation de l’enseignement du français et de la promotion de la langue ; les partenariats et accords internationaux ; l’assimilation et l’américanisation ; la Louisiane comme membre de l’OIF
  • L’évolution du champ des études louisianaises : nouvelles thématiques de recherche, débats historiographiques, problématiques transnationales, collaborations internationales

Les articles de 6000 à 8000 mots, en français ou en anglais, sont à soumettre à Sara Le Menestrel (lemenest@ehess.fr) et Nathan Rabalais (nathan.rabalais@louisiana.edu) au plus tard le 1er juin 2021. Nous encourageons l’usage d’éléments audio, visuels, et sonores. Chaque contribution devra suivre le protocole de rédaction de la revue et sera évaluée en double aveugle par les pairs. 

Nous vous invitons à nous contacter pour partager votre projet d’article ou pour plus de renseignements.

Ouvrages de référence :
Atran-Fresco, Laura. Les Cadiens au présent: revendications d’une francophonie en Amérique du Nord. Presses de l’Université Laval, 2017.

Bernard, Shane K. The Cajuns: Americanization of a people. University Press of Mississippi, 2003.

Brasseaux, Carl A. Acadian to Cajun: transformation of a people, 1803-1877. University Press of Mississippi, 1992.

Dajko, Nathalie. French on shifting ground: cultural and coastal erosion in south Louisiana. University Press of Mississippi, 2020.

Dardar, T. Mayheart. Istrouma: A Houma Manifesto / Manifeste houma. Shreveport: Cahiers du Tintamarre, 2014.

David, Marc. Memory’s warp: The cultural politics of history and race in south Louisiana. University of North Carolina, 2005. ---. « The Acadian Memorial as civic laboratory: whiteness, history, and governmentality in a Louisiana commemorative site ». Museum Anthropology Review, vol. 4, no 1, 2010, p. 1‑47.

Feux follets. Lafayette: Université de Louisiana à Lafayette, 1991-2020. https://languages.louisiana.edu/about-us/feux-follets

Giancarlo, Alexandra. « “Don’t call me a Cajun!”: race and representation in Louisiana’s Acadiana region ». Journal of Cultural Geography, vol. 36, no 1, 2019, p. 23‑48.

Henry, Jacques M., et Carl L. Bankston. Blue collar Bayou: Louisiana Cajuns in the new economy of ethnicity. Praeger, 2002.

Jolivette, Andrew, Louisiana Creoles: Cultural Recovery and Mixed-Race Native American Identity, Lanhma: Lexington Books, 2007.

Kein, Sybil. Éd. Creole: The History and Legacy of Louisiana's Free People of Color. Baton Rouge: LSU Press, 2000.

Klingler, Thomas. « How Much Acadian is there in Cajun? » dans Acadians and Cajuns. The Politics and Culture of French Minorities in North America, édité par Ursula Mathia Moser et Günter Bischof, vol. 9, Innsbruck University Press, 2009, p. 91‑103.

Le Menestrel, Sara. Negotiating Difference in French Louisiana Music. Categories, Stereotypes, and Identifications.Jackson: University Press of Mississippi, 2015. _______. La voie des Cadiens. Tourisme et identité en Louisiane. Paris: Belin, 1999.

Mattern, Mark. « Let the Good Times Unroll: Music and Race Relations in Southwest Louisiana. » In Accordions, Two Step, ed. Ryan A. Brasseaux and Kevin Fontenot. Lafayette: Center for Louisiana Studies, University of Louisiana at Lafayette, 2006, 97 106.

Michot, Ashlee Wilson, éditrice. Ô malheureuse: anthology of modern Louisiana women. University of Louisiana at Lafayette Press, 2019.

Parham, Angel Adams. American routes: racial palimpsests and the transformation of race. Oxford University Press, 2017.

Rabalais, Nathan. « Acadie(s) divergente(s) : langue, identité et poésie en Louisiane et au  Canada maritime ». Contemporary French and Francophone Studies, vol 21, no. 4, 2017, p. 431-439. ______________. « L’identité dans la littérature franco-louisianaise : une troisième ère? » dans Écrire pour gouverner et pour contester sous la direction de Jonathan Livernois. Presses de l’Université Laval, 2020.

Seck, Ibrahima. Bouki fait Gombo: a history of the slave community of Habitation Haydel (Whitney Plantation) Louisiana, 1750-1860. UNO Press, 2014

Sexton, Rocky L., « Zydeco Music and Race Relations in French Louisiana ». In Multiculturalism in the United States, ed. P. Kivisto and G. Rundblad. Thousand Oaks, CA: Pine Forge Press, 2000, 175–84. ———. « Cajun Mardi Gras? Cultural Objectification and Symbolic Appropriation in a French Tradition. » Ethnology 38, no. 4 (1999): 299–313.

Walton, Shana. “Louisiana's Coonasses: Choosing Race and Class over Ethnicity,” dans Signifying serpents and Mardi Gras runners: representing identity in selected Souths. Ray, R. Celeste, et Luke E. Lassiter, éditeurs. University of Georgia Press, 2003.

Fabrice Leroy, Le Bouquin de la bande dessinée

Professor Fabrice Leroy contributed two lengthy chapters to Le Bouquin de la bande dessinée: Dictionnaire esthétique et thématique, edited by Thierry Groensteen, the leading French expert on comics and graphic novels. Published by Robert Laffont Editions in Paris in collaboration with the Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l'Image, this 928-page reference work contains in-depth essays from over 40 international scholars who examined a variety of comics-related notions, including historical movements, publishing trends, subgenres, aesthetic and formal devices, themes, and correlations with cultural history. Each entry of this volume is illustrated by an original drawing from renowned French cartoonist Lewis Trondheim. This publication is a flagship event of the French Ministry of Culture’s “Année de la Bande Dessinée,” which coordinates various museum and library exhibitions, as well as festivals across France, in a celebration of comics as an art form (January 2020-June 2021). Fabrice Leroy’s contributions to this volume are devoted to detective fiction (“Polar”) and to the depiction of everyday life in graphic novels (“Quotidien”).